La Nouvelle République, Mars 2020. Article sur la fiabilité des tests ADN. FACT CHECKING de DNA PASS.

La Nouvelle République, Mars 2020. Article sur la fiabilité des tests ADN. Cliquer sur l’image pour lire l’article dans son intégralité.

Les tests ADN, un outil généalogique

Appelés « récréatifs » par ses opposants, confondus à tort avec des tests médicaux, les tests de généalogie génétique ouvrent des perspectives inédites pour le généalogiste. Pratiqués depuis 18 ans aux États-Unis et dans le monde, les tests de généalogie génétique permettent de découvrir ses origines ethniques et de retrouver des cousins génétiques. Cet outil supplémentaire découvert par les généalogistes confirme l’arbre généalogique déclaratif, le complète ou peut l’infirmer partiellement.

Des données génétiques protégées par le RGPD

En confiant votre salive à un des quatre grands laboratoires étrangers effectuant ces tests de généalogie génétique, vous êtes protégé par le Règlement Général de Protection des Données (RGPD). Grâce à la légalisation de ces tests en France, nous aurions l’assurance de la vérification par nos autorités du bon respect du RGPD et des conditions de contrat conclu avec le laboratoire. Cependant, notamment aux États-Unis, ces sociétés sont vigilantes sur ces points de confidentialité. En effet, leurs utilisateurs américains, majoritaires, dans un système de santé privé, risqueraient gros dans le cas d’une vente des données génétiques ou fuite auprès des assurances ou mutuelles. Et lesdites sociétés risqueraient des procès menant vers la faillite, pour non-respect du contrat.

Le contrat conclu avec les sociétés leur confie notre ADN afin que ces sociétés effectuent une comparaison avec les données des autres utilisateurs. Ce service est désormais offert gratuitement, en bêta test par Geneanet, un des deux grands opérateurs de la généalogie en France avec Filae.

Des données ethniques parfois surprenantes

Avec les panels en leur possession, ces laboratoires vont vous présenter vos origines ethniques, avec un degré de précision différent selon le laboratoire : 42 zones géographiques décryptées par MyHeritage contre 1 000 zones différentes pour AncestryDNA. Nombre de testés peuvent être surpris par ces résultats évoluant dans le temps. Avec chaque amélioration du panel ethnique, les origines peuvent différer. En tant qu’utilisateur, nous bénéficions à vie de l’accès aux résultats affinés.

La méconnaissance de cet aspect des origines ethniques a pu conduire à un jugement de non-fiabilité desdits résultats par les néophytes. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une qualité de service variant, comme pour tout service commercial : certains sont plus performants que d’autres ou s’améliorent avec le temps face à la concurrence. L’utilisateur doit s’informer face à des publicités parfois mensongères.

Arbre généalogique génétique

Généalogiste depuis plus de 30 ans, j’ai pu apprécier l’intérêt unique de ces tests pour compléter notre généalogie mais aussi leurs limites. Revenons à l’héritage génétique de nos ancêtres présent dans notre ADN. Nous disposons de 23 paires de chromosomes dont l’exacte moitié est transmis par le père et l’autre moitié par la mère. Chaque chromosome est un subtil assemblage de segments d’ADN hérités de chacun de nos grands-parents et arrière grands-parents. Chacun d’entre nous constitue un unique assemblage de l’ADN de nos ancêtres jusqu’à la 6e génération nous précédant, soit des ancêtres nés entre 180 et 240 ans avant nous. Cet héritage peut s’étendre à quelques ancêtres jusqu’à la 8e génération, et plus notamment dans les populations endogamiques.

Dans une démarche de généalogie génétique, nous aurons tout intérêt à faire tester en priorité nos parents les plus âgés, disposant de plus d’ADN que nous, et donc de plus d’ancêtres anciens et de cousins génétiques.

Par la comparaison avec les autres ADN présents dans la base, nous pourrons retrouver des cousins génétiques de branches inconnues de notre arbre parce qu’ayant émigré dans un autre pays. En s’installant dans un autre pays, nos ancêtres avaient pour habitude de changer de nom de famille pour mieux s’intégrer dans leur nouvelle patrie. Mais l’ADN subsiste inchangé.

Le test de généalogie génétique s’avère être le seul outil pour identifier un père naturel inconnu, jamais déclaré, dans notre généalogie ou la famille biologique d’un enfant abandonné de façon anonyme et enfin compléter ces branches coupées.

D’autres tests génétiques existent, comme le test mitochondrial ou du chromosome Y, ouvrant d’autres perspectives passionnantes pour le généalogiste. Des énigmes historiques ont été résolues comme celles des enfants du Président américain Thomas Jefferson, issu d’une liaison avec Sally Hemmings, une esclave.

Nouvel outil méconnu, surévalué ou méprisé, il convient de remettre à sa juste place les tests de généalogie génétique : un outil complémentaire pour le généalogiste, mais un outil précieux, unique et parfois indispensable.